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Guide — Facturation

Relancer une facture impayée

La relance est un exercice d'équilibre : trop tôt, elle froisse un bon client ; trop tard, elle ne récupère plus rien. Voici un rythme qui fonctionne, et le moment où il faut changer de registre.

Une facture impayée n'est presque jamais un refus de payer. C'est un oubli, une pièce manquante, ou une facture partie à la mauvaise adresse. La relance sert d'abord à le découvrir.

D'abord : quelle est la vraie date d'échéance ?

Relancer avant l'échéance réelle vous décrédibilise ; relancer trop tard vous coûte de la trésorerie. En droit français, entre professionnels, le délai de paiement par défaut — quand rien n'a été convenu — est de 30 jours après la réception des marchandises ou l'exécution de la prestation.

Si un délai a été négocié, il est plafonné : 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou, à titre de dérogation expressément prévue au contrat, 45 jours fin de mois. Un client qui vous impose 90 jours est hors des clous, même si vous avez signé.

Point décisif, et très mal connu : les pénalités de retard courent de plein droit dès le lendemain de l'échéance. Vous n'avez besoin ni d'une relance, ni d'une mise en demeure pour qu'elles soient dues. La relance sert à obtenir le paiement, pas à ouvrir le droit.

Un rythme simple, appliqué sans exception

Ce qui compte n'est pas la perfection du calendrier mais sa régularité. Un client qui sait que vous relancez systématiquement vous paie avant celui qui ne relance jamais.

Le ton : factuel, jamais accusateur

Les deux premières relances doivent supposer la bonne foi — parce que dans la plupart des cas, c'est la réalité. « Sauf erreur de notre part, la facture n° 2026-114 reste ouverte » ouvre une conversation. « Vous n'avez toujours pas payé » la ferme.

Un modèle pour la deuxième relance

Celui-ci se recopie tel quel. Il est volontairement court : un courrier long se lit en diagonale, et les trois éléments qui comptent — la référence, le montant, la date attendue — s'y noient.

Objet : facture n° [numéro] du [date] — [montant] € TTC — échue depuis le [date d'échéance]

Madame, Monsieur,

Sauf erreur de notre part ou règlement croisé avec ce courrier, notre facture n° [numéro] du [date], d'un montant de [montant] € TTC, venue à échéance le [date], demeure à ce jour impayée.

Nous vous en joignons une copie. Si un document vous manque pour la mettre en paiement — bon de commande, numéro de marché, attestation — merci de nous l'indiquer : nous vous le transmettrons le jour même.

À défaut, nous vous remercions de bien vouloir nous communiquer avant le [date, sous 8 jours] la date à laquelle le règlement sera effectué.

Nous restons à votre disposition et vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées.

Trois choses le rendent efficace. L'objet porte déjà tout : un service comptable peut traiter sans ouvrir le corps du message. La phrase sur le document manquant offre une issue à celui qui bloque pour une raison administrative, et c'est le cas le plus fréquent. Enfin, la demande porte sur une date, pas sur un paiement immédiat : c'est une question à laquelle on peut répondre, donc à laquelle on répond.

Avant de relancer, vérifiez trois choses. La facture est-elle partie à la bonne adresse et à la bonne personne ? Comporte-t-elle toutes les mentions obligatoires ? Le client a-t-il un processus interne — bon de commande, validation — que vous n'avez pas respecté ? Une relance sur une facture contestable vous met en position de faiblesse.

Ce que vous pouvez réclamer en plus

Au-delà de l'échéance, vous êtes fondé à réclamer deux choses, qui se cumulent :

Beaucoup d'entreprises l'ignorent et n'en font jamais état. C'est pourtant un levier, ne serait-ce que pour le mentionner : un client qui découvre que le retard a un prix chiffré traite souvent le dossier dans la semaine.

La mise en demeure, et ce qui vient après

La mise en demeure n'est pas une relance plus sévère : c'est l'acte qui marque l'entrée dans une logique contentieuse. Envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception, elle doit porter le mot « mise en demeure », identifier la créance sans ambiguïté, chiffrer le principal et les pénalités, et fixer un délai précis.

Si elle reste sans effet, deux voies existent, plus accessibles qu'on ne l'imagine :

Une société de recouvrement amiable est une troisième option. Elle a un coût — un pourcentage des sommes récupérées — et un effet secondaire qu'il faut assumer : elle met fin, en pratique, à la relation commerciale. À réserver aux créances que vous avez déjà renoncé à traiter vous-même.

Les cas particuliers qui changent tout

Le client est en redressement ou en liquidation

Les relances doivent cesser immédiatement : l'ouverture d'une procédure collective suspend les poursuites individuelles. Une seule chose compte alors, et elle est à délai court : déclarer votre créance auprès du mandataire judiciaire dans les deux mois qui suivent la publication du jugement au BODACC. Passé ce délai, la créance n'entre plus dans la répartition. Pour les clients que vous sentez fragiles, la surveillance des publications vaut mieux qu'une relance de plus.

Le client est un particulier

L'indemnité de 40 € et le régime des pénalités entre professionnels ne s'appliquent pas : seules valent les pénalités expressément prévues au contrat ou aux conditions générales. Et le délai pour agir est bien plus court — deux ans pour l'action d'un professionnel contre un consommateur, contre cinq ans entre professionnels. Une créance sur un particulier laissée dormir deux ans est perdue.

Le client est une administration

Le délai de paiement est en principe de 30 jours, et les intérêts moratoires sont dus automatiquement en cas de dépassement, sans avoir à les réclamer. Le blocage vient rarement d'un refus de payer : le plus souvent, la facture n'a pas été déposée correctement sur la plateforme publique, ou il manque le numéro d'engagement. Avant de relancer qui que ce soit, vérifiez le statut du dépôt — l'information s'y trouve, et elle évite un courrier inutile.

La facture est contestée

Une contestation, même tardive et même de mauvaise foi, change la nature du dossier : la créance n'est plus « non contestable », ce qui ferme la voie de l'injonction de payer. Traitez-la par écrit et sur le fond, point par point. Si elle ne tient pas, vous l'aurez démontré par écrit ; si elle tient partiellement, un avoir partiel débloque très souvent le paiement du reste.

Jusqu'à quand pouvez-vous agir ?

Entre professionnels, la prescription est de cinq ans à compter de l'échéance. C'est long, et c'est trompeur : plus une créance vieillit, moins elle se recouvre. Les interlocuteurs changent, les preuves se dispersent, l'entreprise débitrice disparaît. Au-delà de douze mois, le taux de récupération s'effondre — le vrai délai n'est pas celui de la loi, c'est celui-là.

Quand la créance est définitivement perdue

Vous avez reversé la TVA sur une facture que vous n'encaisserez jamais. Elle est récupérable lorsque la créance devient définitivement irrécouvrable — certificat d'irrécouvrabilité délivré par le mandataire, ou échec démontré des poursuites. La formalité consiste à adresser au client un duplicata de la facture portant la mention prévue à cet effet, indiquant que la facture est demeurée impayée et que la TVA correspondante ne peut pas faire l'objet d'une déduction. Beaucoup d'entreprises passent la perte sans récupérer la TVA : c'est un cinquième du montant abandonné sans raison.

Ces éléments sont donnés à titre d'information générale, au regard du droit français applicable entre professionnels. Un dossier contentieux, un client étranger ou un contrat comportant des clauses de paiement particulières méritent l'avis de votre conseil ou de votre expert-comptable avant d'engager une procédure.

Garder une trace de tout

Si le dossier part en recouvrement ou devant un tribunal, ce qui compte est ce que vous pouvez montrer : la facture, sa date d'envoi, les relances effectuées et leurs dates. Une relance faite oralement et non consignée n'a jamais existé.

Ce que fait Facturo

Facturo suit l'état de chaque facture, signale celles arrivées à échéance et permet d'envoyer les relances depuis l'outil, en conservant l'historique des envois. Les avoirs et règlements partiels se rattachent à la facture d'origine.

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Page mise à jour en septembre 2026 par Nessalys Group, éditeur français indépendant.